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Brit Homme, Burberry
Burberry

Composition

Brit Homme

Les inventaires de Brit Homme se recopient beaucoup. Des dizaines de pages marchandes reprennent la liste des notes mot pour mot, sans jamais en varier l'ordre. Deux origines seulement échappent à cette répétition : la maison elle-même, et les lectures de critiques signés.

La liste retenue ici ne garde une note que si deux témoins sans lien entre eux la portent. Les notes portées par une seule page, ou par une seule chaîne de recopie, restent dehors, quitte à laisser la liste plus courte qu'ailleurs.

L'ouverture, épicée avant d'être fraîche

Bergamote et mandarine ouvrent le jus. La maison parle de mandarine verte, plus âpre et plus amère que la mandarine mûre. Les deux agrumes sont attestés partout et ne font débat nulle part.

Le gingembre et la cardamome les accompagnent dès les premières secondes. C'est l'écart le plus net avec ce que portait cette liste jusqu'ici : le gingembre y était rangé dans le cœur, quand toutes les origines le placent en tête.

Jeanne Doré, qui écrit sur ce jus en 2007, décrit une tête épicée et hespéridée et la rapproche de Déclaration de Cartier. Le rapprochement dit bien la place des épices : elles n'arrivent pas après les agrumes, elles arrivent avec eux.

Une rose sauvage, adoucie par la muscade

Le cœur tient sur une rose que les textes qualifient de sauvage, moins confite qu'une rose de parfumerie classique. Elle est ce que tout le monde retient du parfum, y compris ceux qui ne l'aiment pas.

La noix de muscade l'accompagne. Elle était décrite dans la prose publiée jusqu'ici sans figurer dans la liste des notes ; la maison et les inventaires structurés l'attestent l'un et l'autre, elle rejoint donc le cœur.

Le cèdre ferme le cœur. Certaines listes le répètent au fond, d'autres non. Faute d'origine indépendante pour ce doublement, il n'est posé qu'une fois, à l'étage où toutes les sources s'accordent.

Plusieurs inventaires ajoutent des notes épicées sans les nommer. Une mention de ce genre ne désigne aucune matière et ne peut pas devenir une note : elle décrit un effet, pas un ingrédient identifiable.

Un musc que les sources ne nomment pas pareil

La fève tonka porte le fond. Elle donne la douceur légèrement amandée que les témoignages décrivent au bout de quelques heures, et c'est la matière du fond qu'aucune origine ne discute, ni dans son nom ni dans sa place.

Le patchouli l'accompagne. Il figure à la fois dans le descriptif diffusé par Burberry et dans les inventaires structurés, ce qui suffit à le retenir, même s'il reste discret à la lecture des témoignages.

Le troisième pilier du fond pose un problème de nom. Les inventaires structurés portent un musc gris. La maison, elle, parle d'ambre gris, une matière entièrement différente, animale et marine.

Les deux formulations se ressemblent assez pour qu'une traduction ait pu glisser de l'une vers l'autre. Faute de pouvoir trancher, la liste structurée l'emporte et le fond porte un musc, sans le qualificatif que le référentiel ne connaît pas.

Le musc tonkin que cette liste affichait jusqu'ici n'est attesté par aucune origine. C'est une matière animale que la parfumerie n'emploie plus depuis longtemps, et sa présence sur un jus de 2004 n'avait aucun fondement. Elle sort.

Trois mentions qui ne deviennent pas des notes

L'iris revient sous la plume de Jeanne Doré, qui décrit un accord floral d'iris et de rose. Aucune autre origine ne le mentionne. La note n'entre donc pas dans la liste, mais la lecture est trop précise pour être passée sous silence.

Les bois orientaux et les notes boisées que portent plusieurs pages ne désignent pas davantage de matière identifiable. Ils restent hors de la liste, où seule une matière du référentiel peut figurer.