Pour Homme
Fougère aromatique de 1978, Azzaro pour Homme ouvre sur un accord de lavande et d’anis d’une netteté tranchante, que le basilic et la sauge sclarée tirent vers l’herbacé. La cardamome et le carvi épicent ce départ ; le patchouli, le santal et le vétiver mènent à un fond de mousse de chêne, de cuir et de fève tonka. Luca Turin le tient pour le plus abouti des aromatiques. Il resta vingt-cinq ans en tête des ventes françaises.
- Marque
- Azzaro
- Année de sortie
- 1978
- Parfumeur
- Genre
- Homme
- Famille olfactive
- Fougère
- Famille secondaire
- Aromatique
- Concentration
- Eau de toilette
Parfum mythique

Où l’acheter
Un parfum que son créateur ne voulait pas
Loris Azzaro habillait les femmes. En 1975, une fragrance féminine tirée à deux cent cinquante flacons par un laboratoire grassois rencontre un succès imprévu ; le groupe allemand Mäurer & Wirtz reprend la fabrication et propose au couturier une version masculine.
Le couturier n’en veut pas. Il dira plus tard que si on l’avait écouté, jamais un parfum d’homme ne serait sorti de chez lui. Il cède à deux conditions : un parfum plutôt qu’une eau de Cologne, et un jus ambré.
La formule paraît en 1978 derrière une phrase que la publicité gardera : un parfum pour les hommes qui aiment les femmes qui aiment les hommes. Luca Turin remarque qu’elle n’a pas été écrite pour les esprits lents.
Un flacon ambré comme le bourbon, signé Pierre Dinand
La teinte n’est pas une idée de maquettiste. Loris Azzaro l’a réclamée au moment d’accepter le projet, et il la voulait proche du bourbon. La couleur du jus a donc été fixée avant le dessin du verre, ce qui arrive rarement.
Pierre Dinand a signé le flacon. Verre fumé ambré, typographie moderniste, architecture facettée : les codes esthétiques de 1978, tenus sans surenchère. Le rapprochement avec un verre de bourbon vient de là, et de la demande du couturier.
Le nom de Dinand manque à la plupart des relevés français, qui décrivent le flacon sans le créditer. Il figure pourtant dans l’article de presse dont ces relevés dérivent tous, publié en août 2012 sous la signature de Catherine Deydier.
Une paternité que six parfumeurs revendiquent
La composition a été confiée à Firmenich. Le nom qui revient partout est celui de Gérard Anthony, à qui l’on doit aussi Balenciaga pour Homme en 1990. Les bases de données anglophones le citent sans exception.
Le second nom varie selon la source. Les relevés français, tous issus du même article de presse, écrivent Martin Heiddenreich. Les bases anglophones écrivent Richard Wirtz, patronyme du groupe allemand qui avait commandé le projet.
Luca Turin laisse la question ouverte et dit pourquoi : il rapporte avoir rencontré six parfumeurs qui se déclarent auteurs de cette formule. Le nom de Gérard Anthony est donc porté seul en base, les deux autres cités sans arbitrage.
Vingt-cinq ans en tête, et une descendance nommée
Le parfum s’est vendu vingt-cinq années en tête du marché français et à l’étranger, alors qu’il venait d’une maison de couture féminine et visait une cible ouvertement machiste. Gérard Delcour, qui dirigea les parfums Azzaro entre 1985 et 1990, jugeait qu’il ne fallait pas y toucher.
Sa descendance est nommée : L’Homme de Roger & Gallet en 1980, Drakkar Noir en 1982, Boss en 1986, Polo Sport en 1994, Rive Gauche pour Homme en 2003, Ice Men en 2007. Six fougères bâties sur la même charpente.
Les campagnes ont cherché des visages plutôt que des idées : Enrique Iglesias en 2009, Ian Somerhalder en 2014. Ces choix appartiennent à leur décennie et ne disent rien de ce que sent le parfum aujourd’hui.
Pyramide olfactive
- Notes de têteLes premières minutes
- Notes de cœurLe cœur du parfum
- Notes de fondCe qui reste
Ce qu’en dit la communauté
Saison
Occasion
La communauté trouve qu’il ressemble à…
- Paco — Paco Rabanne1 voix
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