
Féminin Valentino de 2026, dû à Dominique Ropion et Andrew Everett. Les sources ne s'accordent pas sur l'architecture : la page produit de la maison met la tubéreuse en tête, son communiqué de presse la met au cœur, et Fragrantica ouvre sur l'orange sanguine. Les trois portent pourtant les mêmes matières, tubéreuse, orange sanguine et santal au fond. Floral gourmand boisé pour la marque, oriental floral pour Fragrantica.
Vendetta Donna repose sur trois matières nommées, et sur un procédé d'extraction que la maison met en avant autant que les matières elles-mêmes. Dominique Ropion en signe la formule avec Andrew Everett.
Une fleur captée sans être cueillie
La tubéreuse vient de Colombie et n'est pas extraite au sens habituel du terme. Valentino et L'Oréal, sa maison mère, la présentent sous le nom d'Osmobloom : une technologie dite d'air-capture analyse les molécules que la fleur vivante exhale, sans la couper, pour restituer son odeur telle qu'elle se diffuse sur pied. Le communiqué de lancement précise que le procédé vise le moment où la fleur s'ouvre, à l'aube.
Ropion a détaillé son intention. Derrière la blancheur et les accents solaires, la fleur porte selon lui un caractère ultra-narcotique ; il dit avoir cherché à en amplifier les tonalités lactées, la texture de peau et la profondeur, sans rien retirer au solaire.
Un nectar plutôt qu'un zeste
Le deuxième pilier n'est pas un agrume au sens de la pyramide classique, mais un accord de nectar tiré de la Tarocco Rosso, variété italienne à pulpe rouge. La maison le décrit doux et liquoreux, plus proche du jus concentré que de l'écorce.
Deux pages françaises y ajoutent une pointe salée que la marque ne mentionne nulle part. Elles pourraient l'une et l'autre remonter à un même dossier de presse, et cette fiche ne retient pas la facette.
Le bois, et les fleurs qu'on ne nomme pas
Le santal ferme la composition. Il est décrit crémeux et enveloppant, chargé d'ancrer la traîne dans une profondeur que la maison veut intime.
Les communications de lancement mentionnent en outre des fleurs blanches autour de la tubéreuse. Aucune n'est nommée. Faute d'espèce identifiable, la pyramide n'en porte pas, au même titre que les bois du masculin.
Trois architectures pour les trois mêmes matières
C'est ici que les sources cessent de s'accorder, et la divergence traverse jusqu'aux communications de la maison.
Sa fiche produit officielle ouvre sur la tubéreuse, donne l'accord d'orange sanguine pour cœur et laisse le santal en fond. Le communiqué de presse du 13 juillet 2026 met au contraire la tubéreuse au cœur de la composition. Fragrantica, de son côté, ouvre sur l'orange sanguine, garde la tubéreuse au centre et le santal pour finir.
Les trois versions portent exactement les mêmes matières : ce n'est pas la formule qui diverge, c'est la manière de la raconter. Cette fiche suit la page produit, seule des trois à énoncer une pyramide complète et étagée, et rapporte ici les deux autres lectures plutôt que d'en taire deux.
Un revendeur français attribue par ailleurs à Valentino un ordre que Valentino ne publie nulle part, en donnant l'orange sanguine en ouverture au nom de la maison. Recopier une marque ne fait pas une source ; se tromper en la recopiant en fait encore moins.
Fleuri, gourmand, boisé, ou oriental
La maison résume sa signature en trois mots : floral gourmand boisé. Fragrantica la range du côté des orientaux floraux. Cette fiche porte la famille fleurie, avec le gourmand et le boisé en secondaires, qui sont les deux axes que la marque déclare elle-même.