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N°19, Chanel

N°19 est lancé par Chanel en 1970 et composé par Henri Robert, le parfumeur de la maison. C’est le dernier parfum que Gabrielle Chanel lance et porte : son numéro rappelle sa date de naissance, le 19 août. Un fleuri-boisé-vert bâti sur le contraste du galbanum et de l’iris pallida, avec la rose et le néroli, vendu en eau de parfum, en eau de toilette et en version Poudré.

Victoria (Bois de Jasmin) tient N°19 pour une beauté qui se passe d’éloges, où le galbanum et l’iris fondent dans un fond cuiré ; Angela (Now Smell This) y voit l’ingénue face à la grande dame N°5, un classique ancré dans son époque.

L'avis d'Olfastory

Victoria, Bois de Jasmin

Dès 2006, Victoria écrit que N°19 n’a pas besoin d’éloges tant sa beauté les rend superflus : ses facettes difficiles, la verdeur agressive du galbanum et l’obscurité boisée de l’iris, sont arrangées avec tant d’harmonie qu’on admire le passage du vert vibrant à la noirceur cuirée.

Elle déplore une reformulation qui a altéré le parfum : à la place du jeu passionné du vétiver et du cuir dominé par l’iris, la composition serpente avant de s’éteindre sur un vétiver et un musc atténués. Elle invite à juger d’abord à la couleur, vert-beige plutôt qu’émeraude.

Angela, Now Smell This

En août 2011, Angela oppose N°19 à N°5 : si N°5 est la grande dame aux perles et au champagne, N°19 est l’ingénue qui rentre d’une chevauchée en forêt, prairies herbeuses, jasmin et roses, sol moussu et selle de cuir fraîchement savonnée.

Elle le trouve plus jeune et plus terrien que N°5, sans être contemporain : comme les floraux verts de son époque, un classique fermement ancré dans son temps, que certains jugeront un peu guindé et anguleux.