Aller au contenu
L'Heure Bleue, Guerlain

L’Heure Bleue est l’eau de parfum que Jacques Guerlain compose en 1912 pour Guerlain, un ambré floral que la maison vend aujourd’hui sous le nom L’Heure Bleue 1912, dans la collection Les Légendaires. Anis et bergamote en tête, œillet et néroli en cœur, iris, violette, vanille, benjoin et fève tonka en fond ; flacon cœur inversé, 75 ml.

Frolova (Bois de Jasmin) y voit l’incarnation du raffinement, cinq étoiles malgré un fond alourdi de vanille ; Feydeau et Delacourte, fidèles, saluent sa douceur.

L'avis d'Olfastory

Bois de Jasmin : l’incarnation du raffinement

Victoria Frolova donne cinq étoiles à L’Heure Bleue, qu’elle tient pour l’incarnation du raffinement : une fleur d’oranger lumineuse contre la douceur de la vanille, de l’iris et de l’encens, un sillage parmi les plus beaux des grands classiques, éclatant, rayonnant, enveloppant. L’anis, dit-elle, court en leitmotiv d’un bout à l’autre.

Sur la reformulation, en 2010, elle est plus réservée : la dose de vanille et de coumarine, sans note animale forte, déséquilibre le fond ; la poudre lourde et l’étincelle anisée manquent, le parfum a perdu un peu de caractère. Elle préfère cette version à aucune, et porte volontiers celle de 2012.

Élisabeth de Feydeau : un paradoxe tendre et sensuel

L’historienne, qui le porte depuis des années, en fait une des plus belles architectures olfactives de l’histoire, à la fois tendre et sensuelle, délicate et intense, secrète et flamboyante. Elle reconnaît qu’il a changé sous la législation et forme un vœu : retrouver les teintures de musc animal qui le tenaient à la peau.

Sylvaine Delacourte : la guimauve de Jacques Guerlain

L’ancienne directrice de la création de Guerlain n’a jamais quitté L’Heure Bleue depuis qu’elle a osé le porter. Elle y sent une guimauve délicieuse, la naissance de la gourmandise avant Shalimar, un parfum de douceur et de nostalgie qu’elle met le soir pour se retrouver, et juge Oscar de la Renta une pâle copie.