
Eros est le parfum masculin que Versace lance en 2012, premier de la maison pour homme depuis cinq ans. Aurélien Guichard y frappe une ouverture de menthe, de pomme verte et de citron, et la rattrape par un fond sucré de fève tonka, d’ambroxan et de vanille. Le flacon turquoise porte la Méduse de la maison.
Accueil sévère en 2013 : Dariush Alavi (Persolaise) y voit la parfumerie masculine grand public la plus convenue, Kevin (Now Smell This) un héros de pacotille, Thomas Dunckley (The Candy Perfume Boy) un vacarme d’agrumes et de vanille.
L'avis d'Olfastory
Persolaise, janvier 2013
Le 24 janvier 2013, Dariush Alavi, qui espérait un Antaeus du XXIe siècle au vu de la campagne, le juge terne et prévisible, presque une définition de ce que la parfumerie masculine grand public a de plus bête. Passé un instant de pomme verte à la manière du premier Hugo, il ne trouve qu’une fraîcheur générique de menthe, de pin et de citron bon marché sur des bois ambrés abrasifs ; son échantillon venait de la maison.
Now Smell This, février 2013
Kevin, le 6 février 2013, décrit une ouverture vanillée et mentholée de salon de barbier, qui lui rappelle Le Mâle de Jean Paul Gaultier, un ambroxan teinté de clou de girofle, avec la fève tonka. Cèdre, vétiver et mousse de chêne composent selon lui un accord boisé standard.
Un quart d’heure plus tard, il n’y voit plus « un héros mais un imposteur », et bon marché : la vanille tourne, l’ambroxan s’aigrit, une note propre façon déodorant Axe l’écœure. Il n’y soupçonne aucune matière naturelle.
The Candy Perfume Boy, avril 2013
Thomas Dunckley, le 12 avril 2013, aime le kitsch assumé du flacon et de la publicité, mais déchante au premier essai. L’ouverture de citron et de pomme lui semble banale, un vacarme d’agrumes que la note herbacée de l’arrière-plan ne parvient pas à percer.
La vanille arrive vite, sucrée, poudrée, peu crémeuse, avec des facettes de sucre brûlé qu’il aurait aimées dans un ensemble mieux équilibré. Le vétiver, le cèdre et la mousse de chêne lui paraissent absents : Eros finit comme il commence, trop fort pour laisser paraître ses nuances.