
Amor Amor porte dans notre relevé quatre notes de tête, trois de cœur et trois de fond. Chacune est attestée par au moins deux origines indépendantes, les autres ayant été écartées faute de second témoin.
Une tête d’agrumes que le cassis fait basculer
Mandarine, pamplemousse et orange ouvrent le parfum. La marque précise un pamplemousse rose et une orange sanguine, deux variétés plus sucrées et plus rondes que leurs versions courantes, ce qui oriente d’emblée vers le fruit plutôt que vers l’écorce.
Le cassis les accompagne. Nous le rangions parmi les notes de cœur ; la base communautaire et la critique de Nez le situent à la tête, où il apporte l’acidité verte qui empêche les agrumes de tourner au sirop.
Un cœur bref, et une note portée à tort jusqu’ici
La rose tient le centre, mais discrètement. La critique publiée par Nez la décrit comme un floral effacé, ce que confirme la place secondaire qu’elle occupe dans les listes de la base communautaire.
L’abricot occupe la deuxième place, et il corrige une erreur ancienne. Notre relevé portait une pêche qu’aucune des quatre origines consultées ne mentionne, alors que notre propre rédaction parlait déjà de pulpe d’abricot. La contradiction est tranchée en faveur de l’abricot.
Le jasmin complète l’étage. La marque le nomme explicitement, la base communautaire aussi ; certaines communications anciennes précisent un jasmin sambac, mais cette précision n’est portée que par une source et n’est pas retenue.
Un fond qui tire le parfum vers l’ambré
La vanille domine, et les quatre origines l’attestent toutes. Elle donne au parfum la signature sucrée qu’on reconnaît à distance, et explique l’étiquette gourmande que la critique lui accole volontiers depuis sa sortie.
Le santal et l’ambre l’accompagnent. Bois de Jasmin les cite comme les matières qui font verser Amor Amor vers l’oriental ; la critique de Nez retrouve ce santal dans un fond qu’elle qualifie de vanillé et lacté.
Onze notes écartées, et le motif de chacune
Bergamote, cassia, lys, muguet, fève tonka, musc et cèdre de Virginie ne sont portés que par la base communautaire et ses recopies. Une origine unique ne suffit pas : elles sortent du relevé, sans que rien n’affirme leur absence du jus.
Framboise, pomme rouge et note lactée viennent d’une critique unique, celle de Nez. Ce sont des impressions de dégustation, précieuses pour décrire, insuffisantes pour poser une matière. L’ambre gris relève du même cas, porté par une communication isolée.
La grenadine mérite un mot à part. Elle est souvent citée comme matière première d’Amor Amor, y compris dans notre ancienne rédaction. Nez en parle comme d’un effet, une impression de sirop rouge produite par l’assemblage des fruits.
La distinction n’est pas un détail. Une impression se décrit dans la prose, une matière se pose dans le relevé, et les confondre revient à inventer un ingrédient. Le référentiel d’Olfastory ne porte d’ailleurs aucune grenadine.