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Amor Amor, Cacharel
Cacharel

Avis

Amor Amor

Rejeté d’abord sur sa campagne, Amor Amor a gagné la critique par sa construction. Bois de Jasmin en fait un sommet du floral fruité ; les porteurs discutent sa tenue et soupçonnent une reformulation que la maison ne documente pas.

L'avis d'Olfastory

Amor Amor divise peu sur ce qu’il est, beaucoup sur ce qu’il vaut. Vingt ans après sa sortie, la critique spécialisée et les porteurs se rejoignent sur sa construction et divergent sur la place à lui accorder.

Un accueil critique d’abord hostile

Le premier jugement paru chez Auparfum, en 2006, relève du rejet. La campagne publicitaire et le positionnement adolescent y sont qualifiés de kitsch, et le parfum écarté d’emblée comme un article de grande surface.

La deuxième lecture change de ton, au fil de plusieurs essais. Amor Amor y gagne des qualités de construction, commerciales autant que créatives, et un équilibre que rien dans sa présentation publicitaire ne laissait espérer.

Ce parcours est instructif. Amor Amor a souffert de son image avant d’être senti, et la distance entre le discours publicitaire et le jus a longtemps brouillé son évaluation par les amateurs.

Ce que la critique lui reconnaît

Bois de Jasmin va plus loin et le désigne comme le meilleur floral fruité du genre, en assumant l’excès d’une telle formulation. L’argument porte sur la tenue de l’ensemble plutôt que sur l’originalité d’une matière.

La même source relève que le parfum déborde sa famille. Vanille, santal et ambre le tirent vers l’oriental, ce qui explique les classements contradictoires qu’on trouve d’un site à l’autre.

L’image qui revient est celle d’un parfum simple et travaillé à la fois, capable de plaire immédiatement sans être bâclé. Ce double caractère lui a valu vingt ans de présence en rayon.

Ce que les porteurs rapportent

Sur la tenue, les retours convergent autour de quatre à cinq heures pour l’eau de toilette, avec un sillage jugé modéré. Plusieurs porteurs regrettent une évaporation rapide des notes de tête.

Sur l’usage, le parfum reste associé à un premier flacon offert, à l’adolescence ou aux vingt ans. Cette charge affective revient constamment et pèse sur les jugements, dans un sens comme dans l’autre.

Une réserve revient également sur la sucrosité, jugée envahissante par ceux qui le portent en journée et l’appliquent généreusement. Plusieurs retours suggèrent que le dosage compte davantage ici que sur d’autres formules.

Ce qui reste inétabli

Le doute sur la formule actuelle traverse les forums spécialisés comme les commentaires publiés chez Auparfum. Ceux qui rachètent le flacon après des années décrivent un jus adouci, sans qu’une source officielle vienne étayer ou contredire ce constat.

Deux explications coexistent sans qu’on puisse les départager : l’évolution des formules sous contrainte réglementaire, et le déplacement du goût et de l’odorat avec l’âge. Les deux sont plausibles, aucune n’est démontrée ici.