
Paloma Picasso lance en 1984 son premier parfum, un chypre composé par Francis Bocris pour L’Oréal et commercialisé désormais comme Mon Parfum. La maison le décrit comme un floral puissant : angélique, œillet, rose et bergamote en tête, jasmin, jacinthe et patchouli en cœur, un fond de santal, de musc, de mousse de chêne et d’ambre.
Elena Vosnaki, de Perfume Shrine, y lit en 2007 un chypre épicé et animal, à porter avec parcimonie ; Aaron Potterman, de ÇaFleurBon, le découvre en 2015 comme un chypre magnifique, dont la version de 2014 reste à ses yeux digne de l’original.
L'avis d'Olfastory
Perfume Shrine, un chypre de feu
Le 25 octobre 2007, Elena Vosnaki décrit une ouverture verte et sèche qui marque comme un coup, d’où surgit une cascade d’épices, clou de girofle et coriandre, et de fleurs perçues au loin. La rose, musquée et poussiéreuse, joue avec le patchouli et une poudre qui rappelle Aromatics Elixir.
Le fond la saisit : un castoréum riche, presque masculin, évoquant les peaux d’une tannerie par jour chaud. Elle se demande comment elle a pu tant l’aimer, conseille aujourd’hui une application parcimonieuse et préfère l’extrait, à tamponner plutôt qu’à vaporiser.
ÇaFleurBon, une épiphanie tardive
Le 6 novembre 2015, Aaron Potterman raconte avoir longtemps ignoré un parfum vendu partout, avant d’y découvrir un chypre magnifique. Son plus ancien flacon, en verre dépoli blanc, lui paraît le mieux construit : aldéhydes pêchés, agrumes, jasmin, civette, œillet et clou de girofle, avec un tabac prononcé.
Viennent une rose sombre, le labdanum et la jacinthe, un effet miellé et le castoréum, avant un fond de patchouli et de mousse de chêne. L’eau de parfum de 2014 lui semble digne de l’original, riche et opulente dans les limites de la réglementation actuelle.