
Vingt ans après, les lecteurs de London pour Homme se retrouvent sur une saison plutôt que sur une odeur : décembre, l’âtre, le vin chaud. Les avis se séparent sur l’odeur elle-même, et sur ce qu’un flacon d’hiver peut servir entre mars et octobre.
L'avis d'Olfastory
Peu de jus tiennent une réputation aussi stable. Les jugements écrits à la sortie et ceux publiés vingt ans plus tard décrivent la même scène, avec des mots voisins, ce qui n’arrive presque jamais sur un masculin de grande diffusion.
L’accord de décembre, écrit dès la sortie
La première critique sérieuse date d’octobre 2006. Elle parle de vin chaud bu devant un feu de bûches, de fruits rouges confits, d’une tarte aux prunes, et conclut sur une odeur faite pour la saison froide.
Les lecteurs d’aujourd’hui n’écrivent pas autre chose. Le surnom de parfum de Noël revient partout, avec les mêmes usages : la veille du réveillon, le repas de famille, les semaines entre novembre et janvier.
Un fruit absent de toutes les listes
Le descriptif le plus répandu chez les amateurs parle de tabac à la cerise ou de tabac alcoolisé. La cerise ne figure sur aucune liste de notes, et le rapprochement revient trop souvent pour être une fantaisie isolée.
L’explication tient au vin de Porto que le communiqué d’origine inscrit dans le cœur. Les inventaires les plus recopiés l’ayant perdu en route, la plupart des lecteurs sentent le fruit sans jamais lire le mot qui le désigne.
Le tabac lui-même fait l’unanimité. Personne n’y trouve de cigarette ni de cendrier : les lectures détaillées parlent de pipe aromatique, de fumoir victorien, de pièce où l’on a fumé longtemps, et tiennent London pour le meilleur masculin signé par Maisondieu chez Burberry.
Ce qui divise
Une minorité de lecteurs français y entend surtout un fleuri. Épices douces, lavande et mimosa forment pour eux un masculin délicatement floral, lecture qui ne rencontre presque jamais celle du tabac dominant.
La lavande vaut aussi les reproches. Elle donne au jus un côté barbier et une gravité que les acheteurs les plus jeunes trouvent démodée, quand les autres y voient exactement ce qui distingue London des masculins sucrés de son époque.
Le sillage passe pour court chez une partie des porteurs, qui vaporisent davantage sans que cela pose problème à quiconque. Le grief revient assez pour être signalé, jamais assez pour peser sur le verdict général.
Le prix bas des dernières années brouille les avis. Un flacon soldé se juge avec indulgence, et une part de l’enthousiasme actuel vient du rapport entre ce que coûte le jus et ce qu’il donne.
Ce qui reste ouvert
Personne ne date les changements de formule. Les porteurs anciens décrivent un écart entre les flacons de 2006 et les récents, aucun relevé de lots ne couvre cette référence, et la maison n’en dit rien.
L’édition spéciale de 2008 et les déclinaisons ultérieures ajoutent à la confusion. Un avis parle rarement du flacon qu’il a sous la main, et deux lecteurs qui se répondent ne parlent pas toujours du même jus.