
L’Amant ouvre l’année 2026 chez L’Artisan Parfumeur et marque la première collaboration de la maison avec Nathalie Lorson. Une feuille de piment brûlante, un accord d’encre qui évoque la suie et le camphre, un patchouli en charnière, un fond de cypriol, santal et vétiver. Un boisé épicé de cent millilitres, vendu 195 euros.
Pascal Iakovou, pour Luxsure, lit une construction à contraintes : peu de matières, et leurs frottements pour sujet.
L'avis d'Olfastory
Luxsure — Pascal Iakovou, 22 avril 2026
Le journaliste tient la feuille de piment pour un choix technique risqué : distincte du fruit, elle rend une ouverture plus verte qu’épicée. Il fait de l’accord d’encre le pivot du parfum, la matière qui relie la volatilité du piment à la densité du patchouli.
Il relève que Nathalie Lorson a écarté l’oud, réflexe dominant de la niche orientalisante des années 2015 à 2023, et lui a substitué le cypriol, moins identifiable, à mi-chemin entre la mousse de chêne et le vétiver haïtien.
Son jugement porte sur la méthode : cinq ou six matières travaillées pour leurs frottements plutôt que pour leur accumulation, qu’il rattache à l’école de Jean-Claude Ellena et d’Olivier Polge. Du flacon, il dit qu’il cherche la cohérence de ligne plutôt que la singularisation.