
Une entrée verte
Aurélien Caillault décrit d’abord une odeur de laque pour cheveux, cette atmosphère rétro et florale aldéhydée héritée du N°5 qui règne aussi sur les deux parfums fondateurs de la marque. Les aldéhydes ouvrent, le vert s’impose.
Le galbanum arrive en trombe, adouci par le muguet et la jacinthe. Ces deux fleurs lui donnent une humidité printanière au lieu de la froideur distante que la résine prend souvent seule. La bergamote et la mandarine éclairent l’entrée.
Cette résine verte est la matière de la décennie. On la retrouve tout au long des années 1970, et Givenchy III la prend au moment où elle devient le signe d’une modernité tranchante, opposée aux orientaux qui suivront.
Une rose au talc
Selon Aurélien Caillault, l’essentiel se joue au milieu : une rose gorgée de sève et recouverte de talc, dont les pétales tirent vers un vert pâle proche du sépia. Autour d’elle, l’iris, le narcisse, l’œillet, le jasmin.
La maison, elle, ne retient que trois facettes : un accord jacinthe en tête, une concrète d’iris du Maroc pour le milieu, une essence de patchouli d’Indonésie en fond. Trois matières nommées pour vingt déclarées ailleurs.
Le fond, et la mousse de chêne
Mousse de chêne, patchouli, vétiver, santal, myrrhe et ambre composent l’accord chypré. C’est de là que naît l’impression de sous-bois humide que décrivent les amateurs de la version ancienne, et la densité que la version actuelle a perdue.
La mousse de chêne est justement ce que la réglementation européenne a restreint. CaFleureBon en fait la cause du marché vintage des chyprés, où les flacons anciens se sont vendus cinq à dix fois leur prix d’origine.