Aller au contenu
Flower By Kenzo, Kenzo
Kenzo

Avis

Flower By Kenzo

Le désaccord sur Flower ne porte pas sur sa réussite, que presque personne ne conteste, mais sur ce qu’il est : les lecteurs les plus attentifs refusent d’y voir un floral. Voici ce que les jugements retiennent ensemble, et ce qui les sépare.

L'avis d'Olfastory

Là où les avis se rejoignent

Personne ne conteste la sensation de poudre. Toutes les lectures sérieuses y reconnaissent le maquillage ancien, le bâton de rouge, la poudre de riz, et l’effet de confort régressif qui vient avec cette famille d’odeurs.

Sur le flacon, en revanche, il n’existe pas de camp adverse. Vingt-cinq ans après, la tige penchée passe encore pour contemporaine, et les chroniqueurs la décrivent volontiers avant d’aborder ce qu’elle contient.

La tenue et le sillage reviennent au crédit du parfum jusque chez ceux qui ne l’aiment pas. Le fond musqué et vanillé reste lisible longtemps sans virer à l’adoucissant textile, ce qui n’est pas si courant.

La filiation que peu écrivent

La critique la plus fine ne classe pas Flower parmi les floraux mais parmi les abstractions. Le jus n’évoquerait aucune fleur, ni même l’idée générale d’une fleur : ce serait un exercice conceptuel réussi.

Elle le rattache alors à une lignée précise, celle des poudrés à la violette mélancoliques descendus de L’Heure Bleue. Flower en reprendrait la matière et la texture en laissant derrière lui toute la mélancolie.

Le raccourci retenu par ces lecteurs garde l’idée d’une aînée dépouillée de sa tristesse : même matière, même texture, mais une lumière fixe là où l’autre déroulait un récit. Aucune page marchande ne propose cette lecture.

Ce qui divise

Le reproche le plus fréquent est celui du talc. Des lecteurs ne sentent qu’une poudre de bébé pendant plusieurs heures, agréable mais plate, et jugent le prix élevé pour ce que le flacon délivre réellement.

L’excès de diffusion joue contre lui. Trop porté, trop copié en grande distribution, il perd chez certains la singularité qui avait fait son succès, sans que la formule elle-même soit mise en cause.

La violette de Parme ne fait pas l’unanimité non plus. Sa facette confiserie, presque bonbon, passe pour charmante ou pour écœurante selon la saison et la peau, et l’écart de jugement tient souvent à peu de chose.

Les questions qui restent ouvertes

La signature seconde ne se prouve pas. Un deuxième nom circule sur les grandes bases en ligne et sur les boutiques qui les recopient, mais aucune source extérieure à cette chaîne ne l’atteste, et la marque ne cite que Morillas.

Les reformulations ne se datent pas. Chacun sent que le jus a bougé en vingt-cinq ans, personne ne relève quand ni comment, et les relevés de lots qui circulent ne couvrent pas cette référence.

Le volume écoulé échappe à toute vérification. Le triomphe commercial se répète de page en page sans qu’un chiffre remonte à un relevé public, et un rang de ventes sans origine ne vaut pas mieux qu’un silence.