
Un parfum sur lequel presque tout le monde s’accorde, et que la critique écrite a pourtant très peu commenté. Ce qu’on en sait vient surtout de ceux qui le portent : trois à six heures, un sillage moyen, et le reproche d’être partout.
L'avis d'Olfastory
L’accord est large et il est ancien : Boss Bottled passe pour une valeur sûre, un parfum qu’on offre et qu’on reçoit sans se tromper. Les jugements les plus sévères ne portent pas sur son odeur, mais sur ce qu’elle est devenue à force d’être portée.
Trois à six heures, et personne ne s’en étonne
Les relevés communautaires convergent : trois à six heures, un sillage moyen, une ou deux pressions suffisantes. Ceux qui espéraient davantage le disent, sans en faire un grief majeur — c’est une eau de toilette, et elle se comporte comme telle.
Le parfum est régulièrement décrit comme celui du bureau : assez présent pour être remarqué, assez retenu pour ne gêner personne. La formule revient si souvent qu’elle finit par en dire autant sur son usage que sur son odeur même.
Sur le déroulé, les témoignages se ressemblent : une ouverture fruitée et vive, un passage rapide vers les bois et les épices, une fin douce et sans accident. Peu de surprises annoncées au départ, peu de surprises constatées à l’arrivée.
Le reproche d’être partout
Le grief le plus fréquent n’est pas olfactif. On lui reproche sa diffusion : trop vendu, trop reconnu, porté par trop de monde pour signer qui que ce soit. Ce reproche accompagne toutes les très grandes réussites de la parfumerie.
Ses défenseurs répondent sur ce terrain-là. Un parfum qui plaît à ce point pendant vingt-huit ans a réglé un problème que beaucoup d’autres n’ont pas su résoudre, et sa banalité présumée est le prix payé pour cette réussite.
Ce que la critique écrite n’a pas fait
La critique signée s’en est très peu emparée. Les grands succès sont abondamment portés et rarement commentés par écrit : les chroniqueurs leur préfèrent les sorties confidentielles, et les pages qui en parlent sont d’abord des pages de vente.
Cette absence a une conséquence directe pour le lecteur : on ne dispose d’aucune comparaison sérieuse entre le jus des premières années et celui vendu aujourd’hui. Sur un parfum de 1998, la question mérite d’être posée, et elle reste ouverte.
Un point d’histoire ressort tout de même des forums anciens : Boss Bottled a remplacé de fait le parfum que la maison appelait simplement Boss, rebaptisé depuis Number One. Il y circule aussi sous les noms de Grey Boss et de Boss Number Six.