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Starlicious Mist Pistachio Praline Eau de Toilette Mugler
Thierry Mugler

Composition

Starlicious Mist Pistachio Praline Eau de Toilette

Le départ est une pistache grillée, pas une pistache crue. La différence s’entend : la première sent le beurre et la coque chauffée, la seconde le vert et la sève. C’est la version torréfiée qu’annonce la maison, et c’est bien celle qui arrive, franche et un peu salée, comme un fruit sec sorti du four. Elle est aussi très démonstrative — aucun préambule, aucun départ hespéridé pour ouvrir la marche : le sujet du parfum est posé dès la première seconde et il ne bougera plus beaucoup.

Le caramel monte vite derrière, et il monte gras plutôt que brûlé. Rien du sucre poussé au noir qui donne l’amertume et la réglisse ; on est du côté du caramel mou, du beurre salé, de la confiserie tiède. L’alcool cinnamique, déclaré sur l’étiquette, pousse dans ce sens : il apporte une douceur balsamique, légèrement cannelle, qui arrondit le sucre au lieu de le tendre. L’ensemble reste crémeux là où beaucoup de gourmands modernes tournent au collant.

Le fond est l’endroit où ce jus se sépare de ses voisines. Un cèdre et le patchouli s’installent sous la confiserie, deux matières sèches qui devraient contredire le sucre. C’est l’intention affichée. À l’usage, l’effet dépend beaucoup de la peau et de la quantité : vaporisé chichement, le boisé reste sous le seuil et il ne demeure qu’un dessert ; vaporisé large, il remonte et rend au jus le relief promis.

Un détail sépare cette eau de sa voisine solaire, et il tient dans une absence : son étiquette ne porte ni mica ni dioxyde de titane. Pas de particules scintillantes ici, là où Pineapple Musk en fait un argument. Pour le reste, la déclaration est courte, vingt-trois entrées, et cette brièveté colle à ce qu’est le produit : une eau légère, faite de peu de matières, conçue pour se superposer plutôt que pour porter seule un sillage.

La trajectoire tient une heure, guère davantage, et le jus ne s’en cache pas. La pistache et le caramel occupent tout l’espace au départ, s’estompent ensemble, et laissent une trace tiède et boisée qui s’accroche mieux au tissu qu’à la peau. C’est court, c’est bon, et il faut remettre : un rythme qui convient à qui aime changer d’odeur dans la journée, et qui exaspérera celles qui attendent d’une eau de toilette qu’elle tienne jusqu’au soir.