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Ô de Lancôme, Lancôme

Ô de Lancôme sort en 1969, signé Robert Gonnon, parfumeur chez Firmenich. Lancôme voulait une eau de toilette franche, aussi tonique que les colognes portées par les hommes, sans rien céder de sa féminité. Citron, bergamote et mandarine ouvrent la partition, le basilic et le romarin la verdissent, la mousse de chêne lui vaut son fond chypré. Sous ses dehors d’eau fraîche, c’est un chypre vert, dont descend toute une lignée de parfums féminins des années soixante-dix.

La formule tient sur un contraste court : des agrumes francs, un cœur aromatique et vert, un fond de mousse de chêne. Rien d’ornemental, une écriture brève, ce qui explique sans doute qu’elle ait si peu vieilli.

Les agrumes de tête

Le citron ouvre, zesté et acide. La bergamote l’arrondit d’une amertume fleurie, la mandarine y met une douceur sucrée. L’attaque est franche, sans effet de matière, à la manière des eaux de cologne classiques.

Un cœur aromatique et vert

Le basilic et le romarin verdissent le milieu du jus, la coriandre y met une pointe épicée et légèrement savonneuse. Le jasmin et le chèvrefeuille tiennent la part florale, blanche et un peu miellée, sans jamais peser.

L’hédione, molécule de jasmin mise au point chez Firmenich et employée dans Eau Sauvage trois ans plus tôt, se retrouve dans ce cœur. Elle apparente Ô de Lancôme à la lignée des eaux fraîches nées de cette découverte.

Un fond chypré plutôt que boisé

La mousse de chêne fait le fond, terreuse et amère, et c’est elle qui range le jus du côté du chypre. Le vétiver la seconde d’une note racinaire et sèche, le santal y met une rondeur lactée discrète.

D’autres listes portent l’œillet, le patchouli ou le petitgrain du Paraguay, parfois même l’abricot. Rien d’indépendant ne vient les confirmer, et la formule se lit très bien sans eux : le contraste entre agrumes et mousse de chêne suffit à la porter.