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Drakkar Noir, Guy Laroche
Guy Laroche

Avis

Drakkar Noir

Drakkar Noir a été porté par une génération entière, ce qui rend son jugement difficile à distinguer de la nostalgie. Le jus de 1982 et celui d’aujourd’hui ne sont pas la même chose, et beaucoup de ce qu’on lit à son sujet parle du premier en croyant parler du second. Le flacon noir, lui, n’a pas bougé. Voici ce qui tient, et ce qui ne tient plus.

L'avis d'Olfastory

Quarante ans de diffusion massive brouillent le jugement. Des adolescents des années quatre-vingt en sont devenus grands-pères, et la mémoire olfactive tient ici une place que peu d’autres parfums imposent à leur lecteur.

Ce que l’on sent

L’ouverture claque : citron froid, lavande, romarin, sur un lit de dihydromyrcénol qui donne cette impression de chemise repassée. Le milieu se corse de coriandre et de genièvre, et la fin tire vers le patchouli et le cuir.

Ce qui divise

Deux reproches reviennent. La fraîcheur savonneuse passe pour datée chez ceux qui l’associent aux années quatre-vingt, quand d’autres y voient précisément sa signature. Et la comparaison avec Cool Water tourne rarement à l’avantage du plus ancien.

Le flacon d’hier et celui d’aujourd’hui

Les collectionneurs distinguent nettement les versions anciennes du jus actuel, qu’ils jugent plus mince. L’étiquette leur donne un appui : la mousse d’arbre a pris le relais de la mousse de chêne, et la marque reconnaît un accord fruité qui n’était pas là.

Le désaccord porte moins sur le fait que sur son ampleur. Certains tiennent la version actuelle pour une réussite à part entière, d’autres pour une ombre. Les deux jugements portent sur des liquides différents, ce qui explique une partie de l’écart.

À qui cela parle encore

Drakkar Noir reste lisible pour qui cherche une fougère franche, sans détour ni sucre. Il demande d’accepter une odeur de propre très marquée, et une part de citation des années quatre-vingt que rien ne cherche à masquer.