
Trois essences dans la version actuelle
La maison place en tête une essence de géranium d’Égypte, qu’elle décrit comme complexe et légèrement rosée. La cannelle de Ceylan tient le cœur et apporte l’accent chaud et épicé qui range le parfum parmi les orientaux. Le patchouli d’Indonésie forme le fond.
Un fond balsamique
Le benjoin et la vanille, absents du relevé de la maison, complètent ce fond de patchouli. Ces deux matières balsamiques inscrivent l’eau de toilette actuelle dans la famille des orientaux épicés, à laquelle la rattachent aussi bien la maison que les classifications indépendantes.
Les pyramides d’avant
Les pyramides publiées pour les versions antérieures étaient bien plus fournies. En tête, des aldéhydes, de la bergamote et de l’orange. Le cœur réunissait le jasmin, la rose, l’œillet, l’iris et l’ylang-ylang autour du géranium et de la cannelle. Le fond associait le patchouli à la mousse de chêne, au benjoin, au musc et à l’ambre gris.
L’accord de l’original
Une chronique consacrée aux versions anciennes décrit un accord d’œillet et de patchouli relevé de cannelle, lustré par un jasmin abondant, sur un fond chypré et animal. C’est cet accord, joint à l’ambre gris, qui donnait au premier Dioressence son caractère.
Ce qui reste dehors
Ces matières décrivent des formules remplacées. Elles ne sont pas retenues parmi les notes de l’eau de toilette vendue aujourd’hui, qui garde le géranium, la cannelle, le patchouli, le benjoin et la vanille.
Ce que déclare l’étiquette
L’étiquette de l’eau de toilette confirme l’axe épicé : l’alcool cinnamique et le cinnamal, deux molécules de la cannelle, comptent parmi les premières substances déclarées. Elle nomme aussi l’eugénol et l’isoeugénol, odeurs du clou de girofle et de l’œillet, que les trois essences annoncées par la maison ne disent pas.
Le géraniol et le citronellol, constituants majeurs de l’essence de géranium, prolongent la note de tête. L’alpha-isométhyl ionone, facette d’iris et de violette, et l’hydroxycitronellal, odeur de muguet, y ajoutent un fond floral. Aucune mousse de chêne n’est déclarée, alors que la réglementation européenne l’exige au-delà d’un seuil.
La liste porte encore trois filtres anti-UV et trois colorants, jaune, rouge et bleu : le jus est teinté, et les filtres le protègent de la lumière. La coumarine y ajoute une touche de foin et de fève tonka ; le BHT et le tocophérol, deux antioxydants, complètent la formule.