
Trente-cinq ans d’exposition permanente et un prix devenu modeste brouillent le jugement porté sur 1881 Homme. On loue sa fraîcheur de cassis et sa tenue, on lui reproche une banalité qui tient surtout à sa diffusion. Les reformulations successives séparent ceux qui l’ont connu en 1990 de ceux qui le découvrent aujourd’hui.
L'avis d'Olfastory
Peu de masculins auront été portés par autant de monde. Le parfum se vend sans discontinuer depuis 1990, à un prix resté très loin de celui des lancements, et cette omniprésence pèse sur tout jugement qu’on en porte.
De l’ouverture au fond
L’ouverture est nette et froide : citron, bergamote, un cassis acide qui pique. Le milieu se fleurit sans s’alourdir, cyclamen et géranium tenus par le poivre, et la fin tient longtemps sur la mousse, le cèdre et le patchouli.
Ce qui lui vaut sa longévité
On lui reconnaît une propreté sans fadeur, une tenue longue pour une eau de toilette, et un accord qui ne date personne. Il passe au bureau comme le soir, en toute saison, ce que peu de fougères de sa génération réussissent.
Là où les avis divergent
Deux reproches reviennent. Sa diffusion massive l’a rendu anonyme aux yeux de ceux qui le croisent partout, et sa ressemblance avec les fraîcheurs aromatiques des années quatre-vingt-dix le fait passer pour un parfum daté.
Le bouquet floral du cœur fait débat lui aussi. Qui attend un aromatique franc le trouve trop fleuri ; qui cherche un floral masculin y voit précisément ce qui sépare 1881 Homme de ses voisins de rayon.
Ce qui a changé dans le jus
Ceux qui ont gardé un flacon d’époque le disent plus dense, plus franchement chypré. Les restrictions réglementaires sur les extraits de mousse rendent l’écart crédible, et l’étiquette actuelle n’en déclare aucun : une molécule en tient le rôle.