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Berdoues

1902 Citron Caviar Eau de Cologne

Le nom promet un agrume australien à perles ; la formule tient sur un citron ordinaire, une verveine et un cœur de fleur d’oranger que le vétiver referme. C’est la plus construite des colognes de la collection 1902, la seule qui quitte vraiment les agrumes avant de s’éteindre, et celle qui tient le mieux sur un col de chemise.

Marque
Berdoues
Genre
Mixte
Famille olfactive
Hespéridée
Famille secondaire
Fleurie

Le citron caviar est un agrume australien, Citrus australasica de son nom savant, qui pousse en sous-bois dans le Queensland et le nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Son fruit ressemble à un petit cornichon vert sombre ; ouvert, il libère des vésicules rondes et fermes qui roulent dans l’assiette et éclatent sous la dent. La haute cuisine s’en est emparée au tournant des années 2000, les chefs l’ont posé sur les huîtres et les ceviches, et le mot « caviar » a fait le reste. Un nom pareil, sur un flacon, vend une idée de fraîcheur avant même qu’on ait débouché.

Reste à savoir ce qu’il y a dedans. La marque, elle, ne triche pas sur ce point : sa fiche annonce du citron, pas du citron caviar, et sa liste d’ingrédients porte l’huile de zeste de Citrus limon — le citron commun, celui des marchés. De l’agrume australien, aucune trace déclarée. Il n’y a là rien de répréhensible, un nom de parfum n’a jamais valu déclaration de composition, mais autant le dire clairement : ce que l’on sent, c’est un citron vif et franc, pas une curiosité botanique.

Le jus est aussi le plus construit des trois colognes que la maison a sorties le même jour. Le Thé Vert tient sur trois matières et une ligne droite ; la Fleur d’Oranger décline un seul arbre. Celle-ci empile trois étages nettement distincts : un départ pétillant où la verveine double les agrumes, un cœur floral où la fleur d’oranger s’installe sans occuper toute la place, puis un fond boisé et musqué qui la fait sortir du registre hespéridé. La marque évoque des bois précieux ; sa liste d’ingrédients porte de l’huile de cèdre de Virginie.

Le vétiver mérite un mot, parce qu’il est rare à cet endroit. Cette racine d’herbe tropicale, sèche, terreuse, un peu fumée, appartient d’ordinaire aux boisés masculins et aux chyprés, pas aux eaux fraîches qu’on se verse sur la nuque en été. Berdoues en a d’ailleurs fait un sujet à part entière dans la même collection, avec un 1902 Vétiver qui le place au centre. Ici, il travaille en sous-sol : il ne se déclare pas, il empêche seulement l’ensemble de s’évaporer comme une eau d’agrumes ordinaire.

Un mot sur la difficulté technique, aussi, parce qu’elle explique la forme du jus. Le citron est une matière fugace : ses composants les plus volatils partent en quelques minutes et s’oxydent vite, ce qui a longtemps condamné les eaux d’agrumes à n’être que des départs brillants suivis de rien. Toute la parfumerie de cologne consiste à retarder cette chute, en doublant l’agrume d’herbes qui tiennent un peu plus, puis en glissant dessous des matières lourdes qui prennent le relais sans se faire remarquer. C’est précisément le plan de celle-ci.

Pour qui cherche une cologne un peu moins évidente que la moyenne, c’est probablement la bonne porte d’entrée de la gamme. Elle demande un peu plus d’attention que ses voisines, elle récompense un peu plus longtemps, et son prix la maintient dans la catégorie des fraîcheurs qu’on utilise sans arrière-pensée. Les avis d’acheteurs, sur les sites qui la vendent, tournent autour de la même remarque : agréable, facile, et vite partie — ce qui décrit la catégorie autant que ce jus.

Pyramide olfactive

  1. Notes de têteLes premières minutes
  2. Notes de cœurLe cœur du parfum
  3. Notes de fondCe qui reste

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Votre ressenti, en un geste. Sans compte.

Tenue
Sillage
Saison
Occasion
Ressemble à

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