
Sauvage Eau de Parfum, la version chaude de Sauvage
Sauvage Eau de Parfum sort en 2018, trois ans après l’eau de toilette de 2015. François Demachy, parfumeur de la maison, ne repart pas d’une page blanche : il garde la trame de Sauvage — bergamote, poivre de Sichuan, lavande, ambroxan — et la réchauffe de deux épices et d’une vanille. Le flacon reprend la silhouette de l’original, avec une base teintée d’orangé qui annonce le virage vers l’ambré. Dior en a proposé des formats de 60 et 100 ml.
Tête : la bergamote de Reggio, seule
Le départ ne compte qu’une note, la bergamote de Reggio de Calabre. Ouverture acide, verte et un peu amère, elle donne la fraîcheur du départ avant que les épices ne prennent la main. Sans le pamplemousse de Very Cool Spray ni le poivre noir du départ de Sauvage, cette tête est plus courte et plus lisse, et cède plus vite aux épices.
Cœur : lavande, poivre de Sichuan, badiane et muscade
La lavande et le poivre de Sichuan viennent de Sauvage et signent l’accord fougère aromatique. La badiane de Chine et la noix de muscade sont les deux ajouts qui font l’eau de parfum : l’anis étoilé apporte un côté réglissé, presque sucré, la muscade une chaleur poudrée et boisée. Le poivre de Sichuan, sec et pétillant, empêche l’ensemble de devenir lourd. Le contraste entre la lavande fraîche et ces épices chaudes est le motif central de la composition.
Fond : vanille de Papouasie et ambroxan
Le fond associe l’absolu de vanille de Papouasie à l’ambroxan. La vanille papoue est réputée plus fumée et moins pâtissière que celle de Madagascar ; elle enrobe l’ambroxan sans le sucrer à l’excès. L’ambroxan, cette matière ambrée et minérale qui diffuse loin, reste la signature de la lignée et assure la tenue et le sillage. Là où l’eau de toilette finit sèche et salée, l’eau de parfum finit ambrée et enveloppante.
Eau de parfum ou eau de toilette ?
Quatre notes communes, et pourtant la peau ne raconte pas la même chose. L’eau de toilette est un aromatique frais tiré vers le minéral ; l’eau de parfum est un ambré fougère, plus dense, plus rond, pensé pour le soir et la saison froide. Le choix entre les deux tient à la vanille : présente, on est dans l’eau de parfum ; absente, dans l’original.